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| Wax wrap/friend, 2015 |
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| Wax wrap/flesh, 2015 |
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| Wax wrap/flesh 8, 2015 |
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| Wax wrap/mother, 2015 |
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| Wax wrap/friend, 2015 |
Jouant tour à tour sur la matière et sur les poids des éléments qui composent ses œuvres, cette artiste céroplasticienne est parvenue à donner corps à ce que nous serions tentés d'appeler : les équilibres précaires de la subjectivité. Frédéric-Charles Baitinger
Arché… en suivant la trace.
(Premier élément de composition signifiant « premier, primitif »).
L’art premier nous fascine aujourd’hui sous sa forme première d’objet au croisement entre fonction d’usage alimentant des rites passées et objet d’art qui nous émerveille nous fascine. Sa puissance signifiante interpelle l’artiste contemporain quant au pont possible entre sa pratique d’artiste créateur d’œuvre et cette puissante relation qu’il entrevoit avec ces objets du passé. Pourquoi alors ne pas proposer une confrontation d’œuvres pour attirer l’attention du spectateur sur les possibles confrontations, échos, liens, entre ces productions du passé et les propositions d’artistes vivants.
Deux axes sont envisagés :
D’un côté, il sera question du geste et de la trace, de l’empreinte et de la représentation que l’artiste actuel cultive dans cet attrait mélancolique pour une forme de nostalgie de la ruine, de l’abîme, de la vanité dont les œuvres primitives portent sans artifices l’écueil du temps.
D’un autre côté, nous envisagerons les pratiques contemporaines qui donnent à l’outil, l’objet d’usage une place réactualisée comme si l’artiste réinvestissait l’objet – après le siècle Duchampien - d’une puissance signifiante, comme dans ces temps reculés.
Y aurait-il donc une nécessité contemporaine – une portée universelle - à réinvestir l’objet dont l’homme fait usage, repenser d’une façon très primitive cette volonté de créer ses propre outils, à les charger d’une fonction poétique pour retrouver dans cette pratique, notre nature même d’Homme créateur de faisabilité. Le corps et sa représentation disparaisse alors au bénéfice d’un art qui s’invente, invente ses usages au travers des outils qu’ils déploient comme les premiers hommes s’y sont attelés.
Equilibres spirituels
« Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché, il tombe si on l'arrache du clou, il oscille si le clou remue, il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue (…) Ainsi la conscience est incontestablement accrochée à un cerveau, mais il ne résulte nullement de là que le cerveau dessine tout le détail de la conscience, ni que la conscience soit une fonction du cerveau. »
Henri Bergson
Les sculptures de Sarah Roshem sont de véritables paradoxes visuels. Jouant tour à tour sur la matière et sur les poids des éléments qui composent ses œuvres, cette artiste céroplasticienne est parvenue, dans ses derniers travaux, à donner corps à ce que nous serions tentés d'appeler : les équilibres précaires de la subjectivité. Reprenant avec infiniment de poésie la métaphore du clou inventée par Bergson pour parler de la relation du corps à l'esprit, ses sculptures sont d'abord et avant tout des représentations spatiales du fonctionnement de notre économie psychique.
Suspendue à un crochet, une corde relie ensemble deux flotteurs à un harpon. Les flotteurs, bien que par essence légers, sont présentés comme deux boulets assurant à l'ensemble de la structure sa stabilité. A l'inverse, le harpon, loin d'être cette arme dure et métallique dont la finalité est de pouvoir tuer, n'est autre qu'un morceau de cire fragile dont la pointe aux couleurs rosées n'est pas sans rappeler la chair de l'animal dans laquelle sa lame aurait dû pouvoir s'enfoncer. Autrement dit, tout ici est fait pour désamorcer la charge « réaliste » de la structure : pour lui donner sa portée poético- métaphysique.
C'est pourquoi, si nous devions nous risquer à en proposer une interprétation, voici comment nous pourrions la formuler : si les flotteurs sont présentés comme des boulets, et si le harpon n'est autre qu'un artefact absolument inoffensif c'est que, peut-être, Sarah Roshem n'a pas seulement voulu nous parler des structures de la subjectivité, mais des rapports qui existent entre le narcissisme (dont la « lourdeur » est toujours égale à sa légèreté) et les pulsions agressives que chaque être humain a le devoir de sublimer (en donnant à leur tranchant la fragilité de la cire). Mais cette opération de « sublimation », cette conversation de l'âme à la tendresse, n'en reste pas moins le produit d'un équilibre plus global – d'une mise en suspend du corps au profit de l'âme qui l'anime.
Frédéric-Charles Baitinger
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| Trans Cognitive experiment/ongles, métal élastique, 2011 |
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| Trans Cognitive experiment/fork, cire, 2011 |
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| Trans Cognitive experiment/scie, bois, métal et cuir, 2011 |
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| Trans Cognitive experiment/scie ondulante, cire, bois et métal, 2011 |
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| Trans Cognitive experiment/Spoon, cire, 2011 |
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| Trans Cognitive experiment/bec, métal, 2011 |
AMERICA
Sarah Roshem travaille sur ce qui peut lier la science à l’art, sur la recherche médicale. Sarah Roshem utilise le plus souvent la cire comme substitut de l’être humain. Le moulage en cire représente le corps figé dans une expression éternelle, il défie le temps et produit l’image parfaite d’un être au-delà de son existence. Les personnages de Sarah Roshem sont à l’échelle humaine, ils sont l’expression d’une certaine cartographie américaine liée aux cartoons, à la fiction. L’échelle 1 les humanise, les rends plus vivants que s’ils existaient vraiment.
Ces personnages forment un conciliabule et s’exhibent pour le visiteur, ils sont placés sur ce qui pourrait être des socles réservés aux lions dans une forme de domptage où le public (audible) applaudie leurs excès.
Ce sont des êtres marqués, des pitres dont les blessures amusent la galerie.
Paillettes jonchant le sol, sonorité ronflante de cymbales étouffées et trompette bouchées, rires et applaudissement, sommes nous au cirque ? Les freaks tatoués exhalent des parfums de matière rance, de sueurs perlant sur les cuirs tannés. SR Labo s’empare du burlesque et l’approfondit, le détourne, effeuille les strates insondées d’un rêve dont le décor est resté figé sur place et qui par l’entremise d’un rayon de lumière fait surgit tout un univers hanté par une Amérique fabulée.
Laurent Quenehen
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| América/Bart, cire, échelle humaine, 2010 |
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| America/Daisy, cire, échelle humaine, 2010 |
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| America/Missie, cire, échelle humaine, 2010 |
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| América/Miss West, cire, échelle humaine, 2010 |
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| América/Cat, cire, échelle humaine, 2010 |
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| América/Pussy, cire, échelle humaine, 2010 |
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América/Bullet, cire, échelle humaine, 2010
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:: vous ne souffrirez pas ::
« Le sage est heureux jusque dans les tortures » Aristote
SR Labo vous propose de débuter l'année 2010 par une expérience qui éveille la jouissance, l’effroi ou l’avilissement de la torture. Les sept instruments réalisés par l'artiste sont utilisés pendant cette performance mais ne sont jamais dévoilés aux yeux des spectateurs ou des participants.
Mode opératoire de la performance:
Les visiteurs sont sélectionnés par le Dr Davide Napoli (docteur en arts et science de l’art) et diagnostiqués par ce dernier dans le cadre d’une discussion confidentielle. Mêlant poésie et psychanalyse, Napoli révèle les sensibilités de la personne pour lui associer un instrument de torture. La personne est alors introduite sous la tente, les yeux bandés et subit avec SR Labo un traitement personnalisé au moyen d’une des sept sculptures choisies.
Sous la tente, SR Labo convie le participant à essayer l’instrument sur lui (corde autour du coup, menottes aux poignés, etc.) et à explorer dans son imaginaire le rôle du bourreau ou de la victime.
L’échange avec le Dr Napoli et la séance sous la tente restent secrets. Lorsque la personne sortira de la tente elle identifiera parmi les silhouettes de sculptures accrochées au mur celle dont elle aura fait l’objet. Ces silhouettes sont réalisées en mousse avec une échelle agrandie.
Les instruments de la performance sont exposés et présentés à la galerie du 21 janvier au 4 février 2010.Performance - jeudi 14 janvier de 18:30 à 21:00 avec la collaboration du Dr Davide Napoli
Galerie VANDERSTEGEN