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| Lantern, 2010, cire métal, 28 x 28 x28 cm |
Jouant tour à tour sur la matière et sur les poids des éléments qui composent ses œuvres, cette artiste céroplasticienne est parvenue à donner corps à ce que nous serions tentés d'appeler : les équilibres précaires de la subjectivité. Frédéric-Charles Baitinger
vendredi 4 juin 2010
samedi 16 janvier 2010
:: vous ne souffrirez pas ::
:: vous ne souffrirez pas ::
Torture douce ou la délicatesse du mal
« Le sage est heureux jusque dans les tortures » Aristote
SR Labo vous propose de débuter l'année 2010 par une expérience qui éveille la jouissance, l’effroi ou l’avilissement de la torture. Les sept instruments réalisés par l'artiste sont utilisés pendant cette performance mais ne sont jamais dévoilés aux yeux des spectateurs ou des participants.
Mode opératoire de la performance:
Les visiteurs sont sélectionnés par le Dr Davide Napoli (docteur en arts et science de l’art) et diagnostiqués par ce dernier dans le cadre d’une discussion confidentielle. Mêlant poésie et psychanalyse, Napoli révèle les sensibilités de la personne pour lui associer un instrument de torture. La personne est alors introduite sous la tente, les yeux bandés et subit avec SR Labo un traitement personnalisé au moyen d’une des sept sculptures choisies.
Sous la tente, SR Labo convie le participant à essayer l’instrument sur lui (corde autour du coup, menottes aux poignés, etc.) et à explorer dans son imaginaire le rôle du bourreau ou de la victime.
L’échange avec le Dr Napoli et la séance sous la tente restent secrets. Lorsque la personne sortira de la tente elle identifiera parmi les silhouettes de sculptures accrochées au mur celle dont elle aura fait l’objet. Ces silhouettes sont réalisées en mousse avec une échelle agrandie.
Les instruments de la performance sont exposés et présentés à la galerie du 21 janvier au 4 février 2010.Performance - jeudi 14 janvier de 18:30 à 21:00 avec la collaboration du Dr Davide Napoli
Galerie VANDERSTEGEN
jeudi 14 janvier 2010
jeudi 18 juin 2009
Le voile d'Isis
On devrait mieux respecter la pudeur avec laquelle la Nature
se cache derrière des énigmes et des incertitudes chatoyantes.
Nietzsche, Le Gai savoir
Et voici que sous nos yeux la cire, telle la déesse Isis ôtant un à un ses voiles, nous révèle son inessentialité féconde ; sa parenté avec la célèbre formule d’Héraclite : « La Nature aime à se cacher en se montrant. ». Mais, si une réalité en cache souvent une autre, il est des moments, plus rares encore, où deux réalités - que tout oppose – s’amalgament en un seul corps. Les sculptures organiques Sarah Roshem relèvent de cet ordre, de ce type d’état quantique où la matière s’agite et renonce à toute identité stable.
Poursuivant l’œuvre poétique des anciens botanistes pour qui les plantes n'étaient qu'une variété particulière de bête se tenant la tête en bas, la taxinomie des formes, que Sarah Roshem invente, défie les lois de la physique et de la biologie moderne : elle les contourne ou les parodie pour mieux nous inciter à contempler le monde du seul point de vue l’art ; autrement dit, du seul point de vue de la beauté des formes en leurs subtiles métamorphoses.
Mais qui, du règne organique ou végétal, absorbe l’autre ? Serait-ce le monde sanglant des chairs qui enfin se calment ou bien l’univers endormi des plantes qui tout à coup s’empourprent ? Une chose est sûre : chacune de ces sculptures semble traversée d’une ambiguïté fondamentale ; d’un frisson ontologique faisant tour à tour de ces créatures hybrides des objets d’angoisse ou d’émerveillement.
Détournant ainsi la céroplastie de ses usages les plus fréquents (empreintes, ex-voto, etc..), Sarah Roshem nous invite à renouer avec la vieille cosmographie analogique des alchimistes pour qui toute forme visible renvoie toujours à son double symbolique, et réciproquement. Quoi de plus normal, alors, si je vous dis que la forme ronde et granulée d’un citron peut tout aussi bien devenir, dans les mains de cette artiste féconde, l’ébauche d’une vulve fluorescente… ou bien encore, que sous nos chairs palpitantes, se cachent, en réalité, de petits arbustes de corail.
Frédéric-Charles Baitinger









